Antipodes allégoriques
Antipodes allégoriques
Poudre de fer oxydé et feuille d'or sur toile - 38 x 55,5 cm – 2010
Ce rouge, roux, rouille… Cette précieuse couleur du sang…

Cette trace d'un passé négligé, d'un abandon volontaire ou pas, d'une méprise sans excuse… Injustifiée…
Le temps y laissant son empreinte, nécessaire à sa constitution, contraint cette si belle réalisation naturelle à séduire la triste âme d'un artiste passant par là.

Couleur de sang donnant ainsi vie à son œuvre… Poussière vivante issue d'une indifférence et de l'oubli.
Et pourtant si extrême…

La mort de la matière entraîne ainsi la naissance et la vie. L'oubli crée ainsi cette couleur impossible à ignorer. Quel long labeur pour servir… Être rejeté et après avoir subi l'oubli, la souffrance dans la solitude et les caprices du temps, revenir, reconnue comme une rare et précieuse couleur vivante.

Aucune autre couleur ne peut alors avoir son âme qui a su, en toute patience, traverser, silencieuse et soumise, s'offrant au temps, toute cette phase d'oubli et d'indifférence.
Sa valeur n'est alors que séculière, et sa véritable vie ne vient alors qu'après son illusoire mort.
Sa couleur évoquant le sang, symbolise aussi le vivant…

On la nomme parfois décomposition ferrailleuse ou oxyde de fer, ou lui donnera-t-on toute une autre pléiade de noms qu'on ne pourra au final qu'y voir une matière rejetée et dont on ne peut rien tirer. Sa mort ne peut servir qu'aux artistes qui la ressuscitent…
Seuls les artistes peuvent lui rendre sa véritable valeur, lui rendre sa dernière vie, mettre en valeur sa précieuse couleur et lui rendre sa dernière âme…
Pour mieux mettre cette couleur de sang en valeur, à son opposé, brillant, une perte pour l'homme, une de ses grandes illusions, un autre précieux métal doré qui a tant et tant fait de mal.

En moindre quantité il arrive déjà à retenir et à séduire tout regard. Il entraîne alors l'homme dans une fourbe chimère qui le conduit à sa perte… Illusion éphémère…

Rendant le rouge inexistant ou ignoré, le repousse dans sa pauvre existence et lui dérobe la "vedette".
Quelle belle allégorie et métaphore que celle où l'on retrouve la véritable valeur dissimulée sous une apparence si voilée… Tout comme, à son opposé, celle qui se met alors en valeur par sa brillance et qui cache alors tant de mal dans son illusoire séduction… Le mal et le bien, la mort et le vivant…

Les antipodes de la vie… L'allégorie de la réelle beauté…

Copyrigth © www.120nitay.fr - tous droits réservés- toute reproduction interdite