La Bibliothèque Bleue
La Bibliothèque Bleue
huile sur bois – 100 x 98 cm – 2007
Dans des bleus qui refroidissent l'atmosphère, on distingue facilement les livres…
Nombreux…

Sur la droite, une porte invite à courir vers la lumière qui par elle, pénètre et reste représentative d'une liberté convoitée.
Tableau représentatif d'un ressenti d'une jeunesse cloîtrée, évoquant également une époque de visites régulières à la bibliothèque du séminaire où la scène se situe.
Malgré les chauds bruns concrets des meubles et les ocres du cuir des couvertures des livres, l'endroit est malgré tout représenté froid et morbide.

Penser et ressentir tous ces livres n'étant alors, au bout du compte, que le fruit du magnifique travail d'auteurs décédés, donne très vite l'impression, dans ce silence pesant, d'être entouré de la "mort" métaphorique des souvenirs d'un passé plus ou moins lointain.
Cette atmosphère du passé mort, fait ainsi vite oublier les pourtant si chaudes couleurs de l'endroit.

Seule, l'envie qui peut nous inviter à cet endroit, est alors la soif de ce savoir qui nous y attire irrésistiblement, dans ce désir de venir, prendre une ou plusieurs œuvres littéraires, parfois de très belles et rares et, vite fuir par cette porte où, une lumière chaude et bienfaisante pénètre et nous attire.

Ainsi, cet aspect bleuté symbolise le froid morbide de cette désagréable sensation qu'on peut y vivre, et la porte et la lumière, la liberté et le bonheur vers laquelle on a hâte de courir, les livres et le savoir sous les bras.

Il semble évident que cette sensation vécue dans un aussi spécifique endroit peut alors rester ancrée en soi et créer ainsi un souvenir indestructible. Malgré qu'on puisse avoir passé de longues et nombreuses heures dans une de ces bibliothèques, d'où on ne peut sortir les œuvres, on peut, malgré tout, manifester un irrésistible désir d'y retourner afin d'assouvir ce besoin de savoir…

Ne dit-on pas que le savoir a un prix ? Ne doit-on pas alors voir ici un bel exemplaire ?

Tableau parenthèse, si on ose dire, au beau milieu d'un modeste travail, exprimant le paroxysme d'un "ressenti" d'une période vécue en un endroit dit "spécial", un endroit où la liberté n'était qu'un rêve et le savoir une puissance.

Peut-être est-ce là une manière de canaliser des souvenirs, bons comme mauvais, qui sont encore et resteront toujours présents aujourd'hui comme dans le lointain avenir, empreinte d'un pseudo bonheur…

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